À retenir
- Des guetteurs expérimentés prennent de la hauteur au-dessus de la côte plutôt que de partir avec le bateau.
- Trois mètres au-dessus de l'eau permettent de voir environ six kilomètres ; trois cents mètres permettent d'en voir environ soixante.
- Le bateau reçoit une destination plutôt qu'une direction, ce qui est une opération différente de la recherche en mer.
- Les clients signalent des observations quelques minutes après le départ et plusieurs espèces au cours d'une seule excursion de trois heures.
Le problème que rencontre tout bateau d'observation des baleines
Une personne debout sur un bateau a les yeux à environ trois mètres au-dessus de l'eau. Cela place son horizon à environ six kilomètres, et tout ce qui est au-delà est invisible, quels que soient la qualité de ses yeux ou ses jumelles. La courbure de la terre n'est pas négociable.
Donc, une excursion classique d'observation des baleines est une recherche menée depuis l'intérieur d'un très petit cercle qui se déplace lentement. L'équipage connaît la zone, il sait où les animaux ont tendance à se trouver, et il navigue en cherchant. Un bon jour, cela fonctionne. Un mauvais jour, les animaux sont à quatre kilomètres au-delà de l'horizon, remontant régulièrement à la surface, et personne à bord ne saura jamais qu'ils étaient là.
Ce que la hauteur apporte réellement
La distance à l'horizon croît avec la racine carrée de votre hauteur au-dessus de la mer, et Madère est une île au relief très escarpé. Un guetteur qui grimpe à trois cents mètres, ce qui sur cette côte n'est pas une randonnée mais un trajet en voiture, peut voir environ soixante kilomètres par temps clair.
La zone couverte croît encore plus vite, car la surface varie comme le carré du rayon. Dix fois la distance, c'est cent fois la surface de la mer. C'est tout l'argument de ce dispositif, et c'est pourquoi une personne sur une falaise avec des jumelles est un équipement de recherche de baleines plus efficace que le bateau qu'elle aide.
La côte madérienne, où les guetteurs prennent de la hauteur au-dessus de la mer
Ce que cherche un observateur
Pas un animal. À ces distances, personne ne distingue un dauphin. Ce qui est visible, c'est une perturbation : une tache d'eau blanche là où un groupe remonte ensemble, le souffle vertical d'un baleineau qui reste suspendu dans l'air une seconde ou deux, un changement de texture de la surface, des oiseaux concentrés au-dessus d'un banc de poissons en train de se nourrir.
Les oiseaux de mer sont l'un des indicateurs les plus utiles, car un groupe qui travaille une zone d'eau signifie généralement que des poissons sont poussés vers le haut, et des poissons poussés vers le haut signifient généralement que quelque chose en dessous les pousse. Un observateur expérimenté lit la mer pour ses conséquences plutôt que pour ses animaux.
Comment l'information parvient au bateau
Par radio, concrètement, et l'échange porte sur une position plutôt qu'une description. On donne au capitaine un endroit où se rendre, il met le cap et parcourt la distance au moteur, et l'observateur continue de surveiller pour faire le point au fur et à mesure que le groupe se déplace.
Cela change le rythme de l'excursion d'une manière que les passagers remarquent. Au lieu d'une longue recherche sinueuse, on a une course déterminée suivie d'une approche lente et prudente. Plusieurs avis mentionnent avoir vu des animaux très rapidement après le départ, ce qui est exactement ce à quoi on peut s'attendre quand la destination est connue avant que le bateau n'ait quitté le port.
60 km
À peu près la distance qu'un guetteur à trois cents mètres peut voir, contre environ six kilomètres depuis le pont d'un bateau.
Pourquoi c'est aussi mieux pour les animaux
C'est la partie facile à manquer et la plus importante. Un bateau qui ne sait pas où aller parcourt beaucoup d'eau à grande vitesse, et le bruit du moteur est la principale façon dont les embarcations dérangent les cétacés. Le son se propage extraordinairement bien sous l'eau, et une flotte de bateaux qui sillonnent une zone d'alimentation est une présence vraiment perturbatrice.
Un bateau avec une destination passe beaucoup moins de temps à voguer. Il se rend sur place, s'approche prudemment, se maintient en position et repart. C'est moins de bruit sur moins d'eau, ce qui explique pourquoi un dispositif d'observation s'accorde si naturellement avec un opérateur qui se décrit comme écologique. Un invité mentionne spécifiquement que l'équipage respecte les animaux.
Est-ce courant
C'est plus courant dans les endroits qui ont la bonne géographie qu'ailleurs, et Madère a cette géographie en abondance. Une île au relief volcanique escarpé avec des eaux profondes immédiatement au large offre des points de vue élevés surplombant exactement la mer que les animaux utilisent.
Cette pratique a des racines plus anciennes que le tourisme. Les vigies côtières étaient la façon dont les opérations baleinières des îles de l'Atlantique trouvaient leurs proies, des Açores à Madère elle-même, avec des guetteurs sur les falaises qui signalaient aux bateaux en contrebas. La technologie a changé et le but s'est complètement inversé, mais la géométrie qui la rendait efficace n'a pas changé.
Ce qu'elle ne garantit pas
Rien. Ce sont des animaux sauvages en pleine mer, et aucun arrangement de personnes, de bateaux et de radios n'y change quoi que ce soit. Un observateur ne peut trouver que ce qui est là pour être trouvé, et il y a des jours où la mer est vide ou trop agitée pour être lue.
Ce que le système fait, c'est déplacer considérablement les probabilités, et les avis en sont la preuve plutôt que le marketing. Des invités décrivent trois dauphins, cinq cachalots et une tortue lors d'une seule excursion ; des dauphins à gros nez et des dauphins tachetés ensemble ; deux baleines de Bryde en train de se nourrir. C'est un bilan solide, et c'est ce à quoi ressemble une multiplication par cent de la zone de recherche vue d'un siège passager.
Il vaut la peine d'ajouter ce que ce dispositif apporte à la qualité d'une rencontre plutôt qu'aux seules chances d'en avoir une. Un bateau qui arrive à une position connue peut s'approcher lentement, car il ne cherche plus. Cela signifie que les animaux sont rencontrés par une embarcation déjà à basse vitesse plutôt que par une qui vient de les repérer et qui s'approche rapidement, ce qui fait la différence entre une approche et une interception. Des invités décrivent le maintien de la position et le fait de laisser les dauphins décider, ce qui est exactement ce que l'on espère lire.
